Joris Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3090 Age: 33 Localisation: 48°04'07'' N / 01°55'22'' W Date d'inscription: 18/08/2004
 | Sujet: Portraits (attention, risque de pavé copié/collé !) Jeu 20 Oct - 10:21 | |
| Je ne sais pas quand sort son album exactement, mais ça donne envie de l'écouter je trouve. | Citation: | Portrait Bénabar, le bon gars du rock LE MONDE | 19.10.05 | 15h03
Il s'appelle Bruno. Tee-shirt uni, ni marque ni captation d'attention, jeans à l'avenant, tennis ; cheveux courts, ni en brosse, ni rasés, ni en épis, normaux. Alors, forcément, il a une image, Bénabar, chanteur, excellent vendeur - Les Risques du métier, album paru en 2003, a dépassé le cap tant désiré des 500 000 exemplaires négociés.
Pourtant, il a la notoriété discrète, pas rock star pour un sou. Au supermarché où il fait ses courses, il aura droit, dit-il, à un clin d'œil gentil, à l'émeute jamais. Sage image. Abusive, forcément. "C'est un truc tordu, l'image, constate l'intéressé. La mienne, c'est Bouboule le prol, genre : 'Eh ! Bruno, tu veux pas jeter un œil sur ma caisse ?' ou encore 'Tiens, tire-lui un demi, il sera content !' Or, je préfère le vin, je ne connais rien à la mécanique et j'ai horreur de la démagogie."
Bruno Bénabar, anagramme du clown Barnabé, écrit des chansons au quotidien. Il a des airs de bon garçon. Du coup, on le range dans la famille à ras les pâquerettes, et une cohorte de gens, surtout à gauche, le prennent pour le nouveau Michel Sardou. La comparaison le fait bondir. Que les choses soient claires : il est de gauche "et même au-delà", ses filiations sont à chercher du côté de Renaud, de Joe Dassin ou de Michel Delpech, et non du côté "des populistes" ni "des racoleurs".
Petit-fils d'Italiens, fils d'un technicien de cinéma et d'une libraire, Bénabar est né en 1969, à Thiais, banlieue parisienne. Il n'en a pas conçu d'ennui particulier, il s'est essayé au cinéma, et comme il va droit au but, il a gagné des prix pour son premier court métrage, José Jeanette, réalisé à l'âge de 20 ans.
"Je suis de gauche par atavisme. Et puis après, j'ai commencé à détester les formules creuses, la démagogie, y compris des socialistes et de l'extrême gauche." Bénabar n'appartient pas pour autant au clan des désabusés de la politique, il vote et demande des comptes ; il exècre les "donneurs de leçons de gauche" ; il appartient à ce monde "dominé par une classe masculine et blanche, qui ne pense qu'au profit".
Il dément l'idée que les trentenaires seraient apolitiques. Le sang vif, Bénabar, que le Parti communiste n'a jamais invité à chanter à la Fête de l'Huma, rue dans les brancards, "parce que, en France, où le gouvernement est en train de revenir sur cinquante ans de progrès social, il existe des gens qui travaillent et n'arrivent pas à nourrir leurs gosses ni à payer leur loyer".
Démago, Bruno ? "Non, j'ai l'air calme et carré, mais je peux être une teigne quand la classe politique tire les gens vers le bas à force de simplification." Ainsi, l'histoire du plombier polonais qui viendrait piquer le boulot des Français, sortie des placards au moment du référendum sur la Constitution européenne : "Du pur racisme."
Bénabar est aussi intarissable sur les maux de l'époque ("Sarko, qui parle soi-disant sans tabou", "Bush, qui sert ses affaires privées", "Besancenot, le postier qui planque son trotskisme", etc.) qu'il est bon en scène. Mais il a beau dire, il ne convainc pas les lettrés. Que dit l'amateur de nouvelle chanson française (Keren Ann, Vincent Delerm, Katerine, Camille, etc.) ? "Bénabar, c'est un client du Parisien", vie locale de proximité, quand les autres font de la philosophie branchée.
"Sans doute ai-je un côté Français moyen - pour les Belges, c'est un pléonasme -, rétorque l'énergique jeune homme. J'aime le vin rouge et pas le whisky-Coca. Je vais à la télévision sans rechigner, avec Céline Dion, avec plaisir. Et ce qui me tient à cœur, c'est mon bonheur, et celui des autres aussi, sachant que je préfère m'acheter un écran plat plutôt que de donner l'oseille à des associations. Je suis comme beaucoup. Il faut voir les choses en face."
Bruno Bénabar cabotine mais ne plie pas. Dans ses chansons, jusque-là, Bénabar n'a pas misé sur la critique sociale, mais son nouvel album s'intitule Reprise des négociations, et contient une chanson plutôt pessimiste sur l'ordre social et amoureux Qu'est-ce que tu voulais que je lui dise ? avec pour parti pris la difficile sortie de l'exclusion. "Mais je n'ai aucune vision no future, et je déteste faire des chansons sur la misère des gens pour aller les leur vendre chez Carrefour après."
Italien d'origine, Bénabar fait aussi des pizzas pour échapper au pensum d'un dîner chez des amis, revisite deux générations d'accédants à la propriété, s'extasie sur Bruxelles, ville ouverte et à portée de train. Antithèse de Bernard Lavilliers, il ne rêve point d'exotisme et a la phobie de l'avion.
Et comme il est peuple, transgénérationnel, il rend un hommage swinguant au music-hall et à Gilbert et Maritie Carpentier, héros des variétés télévisées des années 1970. Sur le ton direct et très terre à terre qui présidait aux succès précédents : Dis-lui oui, Y a une fille dans mon appartement, Bon anniversaire... Cette efficacité sans chichi lui a valu les critiques d'Alain Souchon, engagé par ailleurs dans une campagne de propagande pour Vincent Delerm, autre inversion de Bénabar. Vincent multiplie les références littéraires, cinématographiques, claniques, conjugue timidité à fleur de peau et romantisme en piano solo. Bruno fait la roue sur scène, avec six musiciens énergiques.
Cible des piques d'Alain Souchon : les anatoles de Bénabar, ces suites d'accords basiques, archiconnus de toute la profession musicale qui garantissent à peu de frais le succès populaire. "Ah oui, dit Bénabar, genre Foule sentimentale. Ben, oui, il a raison. Mais, cette fois-ci, j'ai fait attention, j'en ai mis moins. J'ai même soigné l'écriture."
Cessant par exemple de retourner sa chanson par une pirouette systématiquement optimiste, afin d'éviter tout dérangement majeur. Bénabar n'a pourtant pas son pareil pour trousser des histoires vécues en trois minutes trente. Mais il dut attendre quelque peu avant d'être "monté en épingle. Je ne suis pas allé à la fac, ça me paumera toujours". Il n'a pas connu, dit-il, le temps béni des séances de cinéma au Quartier latin, la découverte en bande ou avec une fille "des Truffaut, des Pasolini, qui me bassinent aujourd'hui parce qu'il y a toujours un truc mieux à la télé".
A 35 ans, Bénabar est dans les temps : il est papa. Alors, il écrit une chanson, une berceuse, qui témoigne à quel point un bambin chéri peut mettre les nerfs de son papa à vif en refusant de s'assoupir avant le petit matin.
Véronique Mortaigne
Biographie 1969 Naissance à Thiais (Val-de-Marne). 1996 Création du groupe Bénabar et Associés. 2002 Premier Olympia et reçoit un Disque d'or pour Bénabar. 2005 Nouvel album : Reprise des négociations (1 CD Epic/Jive). |
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fabrice Serial posteur

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 | Sujet: Re: Portraits (attention, risque de pavé copié/collé !) Jeu 20 Oct - 10:29 | |
| ah pardon, j'étais pas allé jusque là, autant pour moi...  |
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fabrice Serial posteur

Nombre de messages: 1030 Localisation: à l'Est, rien de nouveau Date d'inscription: 16/11/2004
 | Sujet: Re: Portraits (attention, risque de pavé copié/collé !) Mar 1 Nov - 19:45 | |
| (tiens on a pas un copier-collé ?) oui, le portrait est pas mal...dommage que la zic ne suive pas ! |
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Joris Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Portraits (attention, risque de pavé copié/collé !) Mar 1 Nov - 19:56 | |
| | fabrice a écrit: | (tiens on a pas un copier-collé ?)
oui, le portrait est pas mal...dommage que la zic ne suive pas ! |
Moi j'aime bien son dernier album, mais je me doute que ça n'est pas trop le style que tu apprécies.
Pour le copier/coller, je me suis dit que de toutes façons qu'au pire ça n'intéresserait personne, et qu'au mieux le risque du copier/coller est de décourager toute envie de lire l'article vue sa longueur. Donc un lien suffit pour aller y voir. Ou pas, évidemment. |
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